Noir love story Alan Perriard
Partie 1 : L’obscurité s’intensifie et se referme sur la ville. Les réverbères lâchent leurs lucioles et éclairent les trottoirs rongés par la prostitution et le deal. Je suis couché sur le canapé, la télé n’affiche qu’une neige aux sonorités difformes et je viens de me réveiller. J’ai mal à la tête. Ces foutus médicaments ne me font rien, à part des cauchemars dont je suis le pantin. Je me lève, mon corps vacille et mes idées périssent, je ne sais plus trop où je suis. Je ne suis désormais qu’un flic en arrêt provisoire. Ma femme et mon gosse ont été tués par un malade mental, sur qui j’ai usé de légitime défense pour assouvir ma vengeance. Deux balles dans la tête, tout comme il l’a fait avec ma famille. Je suis un pauvre dépressif, un rejet de la société comme on dit. Une sorte de gars minable qui a foncé droit dans l’alcool et la dépression suicidaire. Je me fous de ce qui peut m’arriver maintenant, autant m’enterrer, je suis déjà mort. Il est deux du matin, le téléphone sonne. Je laisse toujours sonner douze fois. Si c’est un rigolo qui veut jouer il sera déçu ! Si ça persiste je décrocherais. 11 fois...12 fois...allez ! - Ouais ? - Eric Remédy ? - Moi-même. - Bonsoir c’est Mona, la fille des propriétaires du cabaret “ Noir love story “. Tu te souviens de moi ? Bien sûr que je me souviens d’elle. Il faudrait être idiot pour oublier être tombé dans les bras d’une femme qui vient de l’ombre, et qui disparaît comme un fantôme. - Oui je me souviens. Que veux-tu ? - Je voulais savoir si tu pouvais me rejoindre à la boite de nuit “ The fall “. J’ai des choses très intéressantes pour toi. Des informations qui pourraient te ramener à une vie meilleure. - Une vie meilleure...tu parles de quoi ? - A tout à l’heure ! - Attend...merde ! Elle a raccroché ! Je prends ma veste, mon 9 mm soigneusement rangé dans ma table de chevet, une boite d’anti-douleurs, et je pars. Partie 2 : “ The fall “, le bordel du coin, le paradis fiscal pour les dealers et maquereaux du coin. C’est ici que travaillait Mona quand je l’ai connu. J’arrive près du videur, un gros mou de veau, crane rasé et tatouages recouvrant son corps. Je ne montre pas ma carte de flic, je n’ai pas envie que ça tourne à la boucherie. Une fois à l’intérieur, je me dirige vers le bar, elle est là. - Bonsoir inspecteur... - Bonsoir Mona. - Tu bois quelque chose ? - Whisky. Elle n’a pas changé. Mona a toujours beaucoup de classe. Les talons aiguilles exposent ses jambes aux formes sublimes, le visage calme et le corps au charme provocateur. Elle a des yeux qui pourraient hypnotiser un aveugle. - De quoi veux-tu me parler ? Un sourire sur ses lèvres, mon esprit s’enlise. - J’ai obtenu des informations sur un crime. - Lequel ? - C’est à propos de la boite que possèdent mes parents. Ils ont fait du business...et l’endroit servait de planque...mon père veut arrêter...tu comprends ? Mais il semblerait que quelqu’un de haut placé à la mairie, qui trempait dans la magouille, ait payé un tueur pour liquider mon père. Je ne sais pas pourquoi. Tout ce que je sais, c’est qu’il gueulait hier soir au téléphone...ça a l’air sérieux. - je comprends...que veux-tu que je fasse ? - trouver le tueur et sauver mon père. Tu seras récompenser et les médias seront très intéressés par l’affaire : “ Le flic qui sauva le directeur du plus grand cabaret de la ville ! “...ça sonnerait bien pour ta réputation ! - Ma réputation...m’en fous, mais je t’aiderai, pour toi. Les anti-douleurs et l’alcool ne font pas bon ménage. Mon cerveau ne marche plus comme il faut. Elle m’assassine des yeux, des balles qui vous crèvent le coeur et qui vous rendent dingue...et elle aime ça ! - Merci Eric, t’es adorable. Je vois que tu n’as pas changé avec le temps. Elle est partie par la porte de derrière, ses talons faisaient remonter ses hanches sous un cliquetis, comme le bruit d’une horloge, le temps de l’amour mort, de l’ivresse et du sexe, de la douleur et de la violence...du passé tout simplement. Me voila maintenant avec un crime sur les bras. Je dois empêcher tout cela, je ne peux pas faire marche arrière. Plus maintenant.
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