Noir love story Alan Perriard
Partie 3 :
Devant l’entré du “ Noir love story “, les hommes sandwichs et les femmes mannequins font la promotion du lieu. Le lieu du plaisir visuel, pas du toucher, juste de la vue.
Ce cabaret appartient à un ancien propriétaire d’une boite de strip-tease, Ricardo Rix, qui s’est marié avec une de ses danseuses. Sa fille, Mona, a continué sa carrière dans cette boite.
A l’intérieur c’est du haut de gamme. Pas d’entrée acceptée si on n’a pas le porte-feuille rempli de liquide, qu’il soit blanc ou sale, tant que l’on paie... Mona m’a laissé une carte V.I.P, elle me servit pour renter sans qu’on me pose de question. Mon visage mal rasé, mes cheveux sales, mes vêtements froissés et mon teint de drogué n’ont même pas dérangé les videurs.
<< S’il est V.I.P il a du pognon, alors on laisse entrer et on la ferme ! >>
C’est aussi simple que ça le business par ici.
La salle est gigantesque. Les murs tapis de tableaux de stars, de personnalités aux côtés du patron, de revues de presse, et bien sûr les photos de toutes les filles dansant dans le club. Tout est de bleu et de velours, une ambiance nocturne et romanesque, le calme de la nuit et la douceur du tissu.
Les hommes et les femmes sont d’un clinquant aux limites du ridicule, montrant leur richesse avec leurs costards et leurs robes hors de prix, leurs Cadillac ou autres voitures de luxe rutilantes, des cigares aussi précieux que bons à fumer...ils usent de leur fric comme d’une arme pour s’imposer aux autres.
Je me pose au bar, en attendant de voir quelque chose d’anormal, mais tout est calme à l’heure de la fête, un calme riant et buvant dans la fumée de havanes.
C’est au bout de mon troisième verre que j’entendis un cri à réveiller un mort. Je sors mon flingue et accroche ma plaque à mon torse. Des coups de feu surgissent d’un côté de la salle, les videurs tentent de faire leur boulot, tandis que d’autres hommes tirent avec des automatiques, balayant tout sur le passage des balles. Des corps tombent et le sang gicle, les gens crient, c’est l’hystérie totale. J’entends des videurs gueuler en essayant d’évacuer les gens, certains leur tendent des billets espérant ainsi êtres évacués avant les autres.
Les sirènes hurlent à l’extérieur. En voyant la cavalerie arriver, synonyme de fusillade nourrie, je me planque dans les chiottes et c’est là que je vois une femme en train d’étouffer Ricardo Rix avec un foulard rouge. Je tends mon arme :
- Bouge pas salope ou j’te plombe !
Elle me fixe à travers sa cagoule, ses yeux sont si beaux que j’en reste paralysé, suffisamment longtemps pour la laisser s’enfuir par la fenêtre des toilettes.
Je me retrouve seul avec un cadavre au cou bleuté, comme le cabaret, velours bleu, mais à la différence de Ricardo, le velour est devenu rouge sang.
Partie 4 :
J’ai échoué, je n’ai pu aider Mona, je ne suis qu’un bon à rien. Une merde.
Les flics ont envahi les lieux et font leur inspection. Les curieux affluent vers l’entrée et je marche sur le tas de cadavres qui recouvrent le sol. On a arrêté qu’un seul homme cagoulé, les autres ont été buttés par la cavalerie. Ils font partie d’un gang de néttoyeurs, leur mission de propreté s’est retournée contre eux cette fois.
Ricardo a lui aussi été nettoyé, par ceux avec qui il magouillait...
<< Qui se sert de l’épée périra par l’épée ! >>
Je vis Mona arriver en courant tout en esquivant les morts. Elle appelle son père, je dois l’empêcher de le voir.
- Mona ! Non !
- Je dois le voir !
Je la pris dans mes bras pour la calmer.
- Je savais que ce coup de téléphone était grave...qu’il parlait avec le boss de ces mecs...qu’ils allaient venir pour le...Eric...pourquoi n’as-tu rien fait pour l’aider ?
Je ne répondis pas à sa question.
Un flic la prit et l’emmena plus loin. Elle était au bord du gouffre, elle n’était plus qu’un pantin elle aussi. Molle et désarticulée. Tout est de ma faute, je ne me pardonnerai jamais d’avoir échoué. Encore une fois. Elle m’en voudra toute sa vie.
Après quelques heures passées à fouiner avec les experts, je pris conscience que des choses ne collaient pas. Ce que je trouve bizarre, c’est la façon dont ils ont refroidi le vieux. Dans la salle, des mecs vident des chargeurs sur la foule, et celui pour qui ils sont venus est étouffé par une femme avec un foulard de danseuse de cabaret...leur outil habituel c’est plutôt le poignard, avec lequel ils vous font un deuxième sourire au niveau de la gorge. Cette affaire pue l’embrouille, je vais enquêter, pour Mona. Que le prix soit ma vie s’il le faut
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