Noir love story Alan Perriard
Partie 5 :
Mes rêves, une utopie mensongère.
Je me suis cassé la gueule du canapé, endormis comme un enfant par les médicaments. Je me suis réveillé en sursaut, croyant entendre des coups dans les murs...
Toc...toc toc...toc
Quelqu’un frappe à ma porte. Je dégaine mon flingue, il se peut que ce soit un des tueurs de Rix. Je m’avance lentement, sans un bruit. On frappe toujours, cette personne est tenace, elle veut entrer...un coup d’oeuil dans le judas...
- Bonsoir Eric.
- Bonsoir Mona.
- Je peux entrer ?
- Oui bien sûr.
Je fais place pour qu’elle entre. Elle est encore plus ravissante que d’habitude : Ses cheveux lissent tombant sur ses épaules, un maquillage discret, juste comme il faut, une petite veste en cuir moulant sa poitrine, un pantalon en cuir lui aussi, dessine les formes de ses jambes et toujours ses talons aiguilles...à croquer !
Elle mange une pomme. Le fruit défendu. Une pomme si écarlate que même son rouge à lèvre se confond. Me provoquerait-elle ou a t’elle juste faim ?
- Tu veux boire quelque chose ?
- Oui volontiers. Un whisky.
Que ça me plaise ou non je suis à ses ordres.
Elle part s’asseoir sur le canapé, éteignant au passage la télé qui tournait dans le vide. Cette télé qui ne marche plus depuis longtemps, qui fait de la neige et du bruit pour accompagner mes soirées. Comme personne.
Je m’assis à côté d’elle tout en lui donnant son verre. J’en prends un aussi par la même occasion. Nous parlons, ne nous regardons même pas. Nous ressemblons à deux adolescents lors de leur premier rendez-vous amoureux. Ca en serait presque excitant si l’atmosphère n’était pas aussi mort.
- Je suis venue te voir car je voulais avoir ta compagnie.
- C’est gentil...je l’attentais ta visite, comme avant, comme toujours...
Elle se rapproche de moi.
- Je sais que ce que tu as vécu ces dernières années t’ont énormément bouleversé. J’avais si peur que tu me rejettes. J’ai essayé de t’oublier mais je n’y suis pas arrivée. C’est comme si tu faisais partie de moi. Une sorte de partie vitale. Un morceau de mon cerveau, de mes pensées, de tout.
Elle se tait et rougit. Comme si tout ce qu’elle vient de dire était sorti tout seul, et qu’elle se sente mal à l’aise en s’en apercevant. Comme si elle avait toujours voulu me le dire, depuis des années. Une larme tombe de ses yeux, elle court sur sa joue, et s’écrase sur mon épaule.
- Tu m’as tellement manqué mon amour...
- Je...je t’aime...
Ces mots sortirent de ma bouche comme une respiration saccadée, mais si sincères.
Elle se rapproche encore plus de moi, son regard dans le mien, ses lèvres touchant les miennes. Ses lèvres qui m’ont tant manqué depuis des années. Tout comme elle.
Je la prends dans mes bras et continue de l’embrasser. Je reprends goût à cette perversité qu’est l’amour secret. Trahir sa fidélité envers sa femme, sentir l’excitation que cela procure...mais maintenant ce n’est plus tout à fait comme avant.
Je touche ses seins délicats et si doux à travers le cuir qui les cache. Ses mains entre dans mes cheveux. Je me lève, lui prends la main, et l’emmène dans ma chambre. Les mêmes gestes qu’autrefois, ces gestes que nous pourrions faire jusqu’à la fin de notre vie.
Sa pomme tombe de sa main, son blouson tombe sur le canapé, mon esprit s’envole, mon passé revient...je l’aime.
Partie 6 :
Comme une balle dans le coeur. L’amour errant.
Mona est chez les flics. Ils sont venus la chercher à son appartement ce matin. Ca ne sent pas bon. Je suis derrière une vitre sans teint, deux inspecteurs l’interrogent sur son témoignage.
Elle est calme, comme toujours, et ne faiblit pas devant les questions. Ils doivent la soupçonner d’en savoir beaucoup sur la mort de son père. Ils ne savent pas qu’elle m’a averti du crime.
- Le foulard qui a permis de tuer votre père a été trouvé...avec vos empreintes digitales Mademoiselle Rix. Que pouvez-vous répondre à cela ?
- Je...je m’occupe parfois de ranger les affaires des danseuses...je passe du temps avec elles dans les vestiaires...
<< Tiens bon Mona ! Tu es innocente >>
- Mais comment ce fait-il qu’un de vos cheveux est été aussi retrouvé sur ce foulard ?
- Je...je ne sais pas...il a dû rester accroché pendant que je rangeais...
- D’accord...
Les inspecteurs fouillent dans des papiers, des photos et des rapports de police.
[
./page_35pag.html]
[
Web Creator]
[
LMSOFT]