Noir love story Alan Perriard
- Nous avons trouvé une photo dans un tiroir de votre père. Vous portez ce foulard sur cette photo. Est-il à vous ?
- Ce n’est pas mon foulard.
- Vous en êtes sûre Mademoiselle Rix ?
- Je vous dis que ce n’est pas le mien !
<< Ne t’énerve pas mon amour ! Tu n’as aucune raison de paniquer, tu es innocente ! >>
- Alors comment ce fait-il que vous le portiez ?
- je ne m’en rappelle plus...cette photo est vieille !
- Donc vous affirmez que ce foulard est à vous ?
- Je vous dis que ce n’est pas son...mon foulard !
<< Un lapsus ? Non, une erreur. Tu es innocente Mona ! >>
- Comment “ son “ foulard ?
- Je...je voulais dire que c’est...le sien...pas le mien...
- Très bien. Un agent va vous emmener dans une cellule en attendant que nous réfléchissions à ce que vous nous avez dit. Merci pour votre collaboration.
Le soir je l’ai retrouvé dans sa cellule. La mine abattue comme je ne l’ai jamais vu, elle semblait perdue. En me voyant, elle me fit un sourire sans joie.
- Bonsoir ma chérie.
- Je suis innocente ! Tu dois me croire ! Ils me mettaient une telle pression que ça c’est embrouillé dans ma tête et j’ai dérapé...je m’en veux, je ne veux pas aller en prison !
- Ne t’inquiètes pas, tu n’y es pour rien dans cette affaire, ils te feront vite sortir.
- Merci...je t’aime.
- Je t’aime aussi, je serais toujours là pour toi, ne l’oublie pas !
Partie 7 :
Je me suis levé avec la une du journal qui disait qu’on avait retrouvé le meurtrier de Ricardo Rix. Très bien.
Je bus mon café et partis directement pour le commissariat. D’abord pour avoir davantage d’informations que celles diffusées dans les journaux, et aussi pour voir Mona.
Je lui ai promis d’être là quand elle sortirait.
Une fois sur place, je vis un grand nombre de journalistes. tous en train de harceler le moindre flic. Je ne vis pas Mona, peut-être a t’elle eu peur de tous ces vautours et m’attend à l’intérieur.
En arrivant près de mon bureau, je croise un des inspecteurs qui l’ont interrogé.
- Bonjour Eric !
- Alors, vous avez trouvé le coupable ?
- Oui bien sûr, c’est Mona Rix.
- Quoi...comment Mona...Rix ?
- Après son lapsus nous avons eu l’autorisation d’utiliser un détecteur de mensonges. Et elle a lamentablement échoué !
<< Mais c’est impossible...>> Comment ça “ échoué “ ?
Je ne dois pas lui dire que je la connais et que c’est la femme que j’aime. C’est un flic, je dois peser chaque mot.
- C’est sûr qu’elle n’a pas une tête de tueuse ! Elle a eu une altercation au téléphone avec son père, il lui a annoncé qu’il vendait le “ Noir love story “, du coup, il vendait sa fille avec ! Elle a pété les plombs, elle l’a tué. Pour les nettoyeurs, on n’est pas sûr...si c’est elle qui a monté le coup pour faire diversion, ou si elle a profité de la pagaille pour butter son père...
<< Elle m’a menti...>>
- Et ce n’est pas tout ! Elle s’est mise à parler d’une autre histoire, elle aurait payé des types pour descendre une femme et son gosse...mais nous n’avons pas encore tous les éléments en main. Le détecteur de mensonges est devenu un détecteur de vérité ! Nous allons tout reprendre à zéro.
Le monde s’écroule sous mes pieds, mon cerveau s’est arrêté...cette salope est la personne que j’ai toujours cherché, j’ai eu le tueur, mais il avait des ordres, ses ordres...
- Eric ? Vous allez bien ?
- Oui...je me disais que je pourrais me charger de cette affaire si vous le permettez ?
- Bien évidemment, il n’y a pas de problème. Ca fait plaisir de voir que vous reprenez goût au boulot !
Le soir dans la pénombre, je n’arrive pas à croire que c’est Mona qui a fait tuer ma famille. Peut-être qu’elle était jalouse, qu’elle m’aimait au point de...
Dans la journée j’ai appris qu’elle ferait quelques années d’asile pour le meurtre de son père, mais pas pour ceux de ma femme et de mon gosse. Comme prévu, je me suis occupé de cette affaire.
J’ai écris une lettre dans laquelle je dis tout sur Mona et moi. Je mens aussi sur d’autres choses. La parole d’un flic qui a perdu sa femme et son enfant, contre celle d’une danseuse de cabaret qui a tué son père. J’en dis assez pour qu’elle soit renvoyée aux Etats-Unis, son pays d’origine, où la peine de mort existe encore. Pour conclure ma lettre, j’explique que je sais que s’il m’arrivait de mourir brutalement, Mona serait derrière tout ça. Comme pour ma famille. Ma vengeance.
Il est 23h54. je suis sur la table de ma cuisine, debout, à attendre. Elle aura quatre morts à son compteur. Elle sera condamnée à mort. Je ne veux pas qu’elle gagne la partie.
J’attends que le clocher sonne douze fois. Mon chiffre fétiche.
Il est 23h59. L’attente est bientôt finie. J’ai la corde autour du cou. Les médicaments et l’alcool ne m’empêchent pas de savourer ma vengeance.
A chaque coup de cloche je fais un pas vers le bord de la table...11 fois...12 fois...allez !
Fin.
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