Jours noirs Laurie
Ce soir il est déjà bien tard, mais Sophie est assise dans son lit et écoute de la musique. Les heures s’enchaînent mais elles n’a pas sommeil. Elle a un coup de cafard mais elle ne sait pas trop pourquoi. Ca doit être un mélange de tout, et surtout d’elle-même.
C’est toujours pareil : Sa chambre est noire, son esprit est sombre. Elle est triste, elle se sent mal, complètement vidée. Elle a l’esprit tellement occupé que cela commence à la fatiguer.
Sophie pense à Victoria, et tant pis si elle pense à elle, puisque lutter ne serait pas la peine. Son image avec elle voyage, son regard océan, son sourire si joli, son visage d’ange. Puis elle entend le son de sa voix si douce et si calme. Elle paraît si rassurante.
Mais elle revoit cette scène où aucune d’elles n’était la même. Sophie beaucoup plus agressive, plus brutale que d’habitude, Victoria beaucoup plus méchante, effrayante. Cette scène horrible, terrible, ce mardi soir qui a tout changé, tout bouleversé.
Ce jour là, Sophie a attendu Victoria pendant des heures et des heures, avec un calme terrifiant qui ne lui ressemblait pas. Mais c’est sûrement parce qu’elle devait déjà être dans un état second.
Après une attente interminable, Victoria a enfin passé la grille du portail pour rejoindre sa voiture. Quand elle a vu Sophie, Victoria a eu l’air surprise, pourtant elle aurait dû penser que leur mise au point, comme elle l’appelait, ne pouvait pas en rester là. Sophie nommait plutôt cela comme une chute inattendue, un coup de poignard. Même sur ce point elles n’étaient pas d’accord, mais l’ont-elles été un jour?
Victoria arrivait près de sa voiture, et, mauvaise stratégie, elle a voulu éviter et ignorer Sophie, ce qu’elle n’a pas supporté. Sophie s’est interposée entre Victoria et la portière de sa Clio. Sophie l’a pulvérisé du regard, elle attendait que Victoria prononce un mot, et elle le fit :
- Qu’est que tu fais là ?
Elle avait été agressive, ce qui annonçait que cette rencontre allait vite dégénérer. Sophie n’en croyait pas ses oreilles, qu’elle puisse lui parler sur un ton aussi froid et détaché.
Sophie a tout de suite perdu ses moyens, entre la haine et la tristesse. Elle lui dit :
- Je croyais que tu étais mon amie ! Tu m’avais fait tant de promesses que j’ai longtemps fait semblant d’oublier avant qu’elles ne me blessent, mais elles sont toujours dans mon esprit. Puis tu es partie hors de ma vie, si brutalement, sans m’expliquer. Tu m’as abandonné, j’ignore toujours pourquoi, les raisons je ne les connais pas. Mais y en a t’il ? Depuis, tout ce que je vois me fait penser à toi, alors ma douleur demeure tout au fond de moi. Et malgré quelques bonheurs qui sont dans ma vie, le plus beau, celui qui me donnait goût à la vie s’est enfuit ! Je comptais tellement sur toi, ton amitié m’était vitale. Ta belle image ne cesse de me hanter comme le vrai amour que je te portais, mais simplement, tu étais devenue mon modèle. Si je vis sans toi ce n’est plus la peine !
D’un coup Sophie se tue. Elle avait dit l’essentiel, et les larmes la submergeaient. Victoria quand à elle, avait écouté Sophie en silence, sans vraiment avoir conscience de la gravité de la situation.
- Tu veux connaître les raisons de mon départ, de mon silence ? Et bien je vais te la donner : Je suis partie sans te donner de nouvelle car c’était une trop belle occasion pour moi ! J’en avais marre de toi ! Je me forçais à te supporter ! Ta présence ne m’était acceptable qu’à petites doses ! Je ne t’ai jamais réellement apprécié !
Victoria débitait ses paroles terribles, mais si crédibles. Pendant trois ans elle avait menti, elle avait abusé Sophie.
Sophie ne pouvait pas supporter ça, il fallait qu’elle se taise, très vite ! Mais Victoria ne le fit pas. Sophie entendait un écho, les mots résonnaient dans sa tête, ses yeux se sont remplis de rage, elle saisit le cou de Victoria, et elle a serré, fort, très fort, sans même s’en rendre compte, en hurlant :
- Je suis de retour dans ta vie et pour toujours ! N’oublie jamais qu’il ne faut pas jouer avec les sentiments, ça peut être dangereux !
Puis elle finie par lâcher prise et Victoria s’est effondrée. Sophie était paralysée et terrorisée...elle venait de la tuer...
- Victoria...Victoria...
Elle se leva dans son lit en sursaut et tremblante, elle venait encore de faire ce cauchemar, celui qui ne la quitte plus depuis des mois, depuis cette dernière dispute, faite des propos horribles et dévastateurs de Victoria qui l’ont détruit.
Elle repense tellement souvent à cette chute brutale, elle fait si souvent ce cauchemar qui lui permet de se défouler, de soulager sa haine, sans pour autant agir en réalité. Elle ne pourrait pas passer à l’acte. Dès qu’elle la voit, elle la trouve si belle, si unique, qu’elle ne pourrait pas lui faire de mal. Elle se sent même coupable alors que c’est elle la victime. Elle aimerait la revoir, malgré le mal qu’elle lui a fait. Mais si elle en a l’envie, elle n’en a pas le courage.
Aujourd’hui, si elle n’est pas sortie de cette dépression, elle va beaucoup mieux, malgré ses cauchemars. Beaucoup de questions restent en elles : Saura t’elle un jour pourquoi Victoria a fait semblant ? Pourquoi a t’elle joué avec ses sentiments ? Autant de question qui la hantent, auxquelles le doute est la seule réponse.
Elle n’oubliera jamais ce que cette histoire lui a appris, car malgré la souffrance et les points négatifs, elle va tout de même lui servir pour le futur. Elle garde toujours à l’esprit que les sentiments et surtout l’obsession peuvent détruire.
FIN.
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