Dramma
J’ai une maison, toute petite, près de celle de mes parents. Un coup de bol de l’avoir trouvé, pas chère, et donc près de mes parents dont je m’occupe le plus possible, parce que c’est comme ça, on ne doit pas laisser tomber ses parents, même si parfois on se force à venir les voir. Mon frère aîné vit à une dizaine de kilomètres de là, l’autre est lui aussi près de nous, il a fait construire une villa sur un terrain que mes parents lui ont donné. Ma soeur tente de garder la maison qu’elle avait acheté avec son ex, lui aussi la veut, c’est la merde, cette maison va finir dans une vente aux enchères, c’est joué d’avance.
Je tourne autour du pot. Ecrire c’est bien, mais c’est difficile. Je me sens prête à me vider de ce qui m’encombre depuis 36 ans. Putain 36 ans...36 printemps...36 hivers...36 ans que je vis avec ça, toute ma vie en fait. Le temps passe vite, je n’ai rien fait d’autre que de penser à ça, que de ne pouvoir vivre normalement, en attendant que ça aille mieux, dans ma tête, dans mon corps, et 36 années ont passé.
c’est peut-être trop tard pour moi, ma vie est foutue. L’autre, lui, a vécu, paisiblement, comme si c’était normal. Ca me rend malade, malade de tristesse, de rage. Je m’en veux de m’être laissée bouffer par cette histoire. Il m’a bousillé, il a bousillé ma vie. Ce bâtard m’a détruit et peut-être qu’il en a fait de même avec d’autres enfants, d’autres femmes.
Il revient souvent en moi dans des cauchemars horribles. Je vais vous raconter celui qui revient le plus, des centaines de fois depuis 36 ans, la dernière fois c’était hier soir :
Je suis dans mon lit, je crois être encore réveillée. Mon ventre commence à grouiller, à me faire mal. Une chose bouge dedans, se cogne contre mes entrailles, puis je la sens se retourner en moi, se diriger vers ma vulve. Mes lèvres s’écartent sous la pression d’une tête à la taille démesurée, ma chair se déchire, le sang inonde mes cuisses, la chose sort lentement, si lentement que la douleur que je ressens semble ne jamais pouvoir s’arrêter. Ses épaules buttent contre mon bassin, et d’un coup de bélier, l’écartent dans un bruit sec d’os qui cassent. Je ressens tout, je prie de m’évanouir, de ne plus ressentir cette douleur dépassant toutes les douleurs connues. La chose sort encore, elle est longue et large, mon ventre est déchiré jusqu’au nombril. Puis la chose tombe au sol, au bout du lit, je ne la vois pas, mais je sens qu’un cordon la relie encore à moi. je l’entends grogner comme un ours au pied du lit, elle se lève, je le reconnais malgré ses traits flétris de nouveau-né, c’est lui, c’est mon bourreau. Il me regarde, ricane, ses lèvres découvrent des dents pourries, il se lève complètement, son sexe en érection apparaît, monstrueux, gorgé de sang, il se masturbe, et éjecte une purée épaisse, puante, qui gicle sur mon visage, elle coule dans ma bouche, m’étouffe, ma langue est prise dans cette pâte au goût âpre, mes dents la mâchent par automatisme, je tousse, m’étouffe, je veux crier mais aucun son ne sort, à peine un râle, je tousse, la purée gicle sur tout mon corps, je la vomis, je cri, je hurle...et me réveille.
je viens de reprendre mon cahier. J’ai relu ce que j’ai écrit il y a maintenant une semaine. Après vous avoir raconté mon cauchemar, j’ai vomi mes tripes dans l’évier, mais d’abord sur ma table de cuisine. C’est sorti d’un coup, sans prévenir, j’en ai mis par terre en allant à l’évier, et en m’en éloignant j’ai glissé sur des grumeaux et un liquide poisseux qui faisait briller le carrelage. Je me suis étalée comme une grosse merde, ma tête a frappé le coin de la table, mon front s’est ouvert, le sang coulait comme si on m’avait égorgé. j’ai passé la nuit dans la salle de bains, penchée sur le lavabo, une main munit d’un gant de toilette, jaune vite devenu rouge, appuyé sur ma plaie. J’ai dégueulé, je sais pas quoi, mes intestins il me sembla, j’ai pleuré, j’ai hurlé, et le matin est arrivé, on était samedi.
L’après-midi j’étais chez mes parents. Ma filleule est arrivée en se prenant, comme toujours, pour miss univers, sans s’apercevoir que ses joues enflent à vue d’oeil, et que son beau cul commence à rejoindre ses genoux :
- Et ben marraine, t’as fait quoi ? Tu t’ais mangé une porte ou quoi ?
Pauvre petite conne !
Je vous ai promis de vous en parler de celle-là, alors allons-y :
Sarah a 21 ans, son passe temps favori est de séduire des hommes, mariés, et pères de famille si possible. Elle les fait mettre à genoux, et les largue comme des merdes. Le dernier en date, d’après ce que je sais, un certain Mark, est devenu dingue. Il a quitté sa femme qui a tenté de se suicider, il a abandonné ses enfants, pour cette petite garce, qui l’a laissé tomber juste après.
Elle m’a raconté ça en riant, comme si elle était contente d’elle, et elle l’était c’est sûr. Je lui ai fait comprendre que je trouvais ça dégueulasse, elle me répondit de façon terrible :
- Occupe-toi de ton cul, ok ? Je baise avec qui je veux, je ne fait rien de pire que toi. Toi, c’est à six ans que tu as commencé à jouer avec les hommes ! tu te souviens...au bled ?
Je me demande encore ce qui m’a retenu de lui exploser la gueule, lui frapper la tête par terre jusqu’à ce que sa cervelle gicle par ses oreilles. Un jour son petit jeu va se retourner contre elle, je ne lui souhaite pas de mal, mais si un de ces hommes lui éclatait la tête ça me ferait vraiment plaisir !
Comment a t’elle su ? Qui lui a raconté ?
A croire que cette histoire circule dans la famille, comme une bonne blague, un souvenir inoubliable qui fait marrer tout le monde, et qui se transmet de génération en génération.
Ils en parlent quand je ne suis pas là, comme des faux culs qu’ils sont tous, mais à moi personne ne m’en avait parlé jusqu’à aujourd’hui, jamais, personne n’a rien fait. certains d’entre eux ont tout vu, ils sont entrés dans la chambre quand ils m’ont entendu hurler de douleur, quand j’ai senti mon ventre être transpercé par cet homme qui jouait gentiment avec moi quelques minutes avant. Son odeur de sueur est toujours dans mes narines, son poids oppresse toujours mon corps, et sa...
[
./page_7pag.html]
[
Web Creator]
[
LMSOFT]